Maman, tu es parfaite.

Maman, tu es parfaite.

Je suis pas mal certaine en écrivant ces lignes que je ne serai pas la seule à me reconnaitre dans la situation suivante. Je suis pas mal certaine aussi que je ne suis pas la seule maman à me mettre énormément de pression lorsqu’il est question de mes compétences en tant que maman, à me demander si je suis assez présente, si je les accompagne suffisamment, s’ils sont bien et si, dans leurs cœurs à eux, ils sont heureux.

Parce que mon objectif à long terme est d’en faire des petits bouts d’humains équilibrés et bons, capable de prendre des décisions éclairées et qu’ils aient les outils à leur disposition pour atteindre leurs objectifs, peu importe la forme que prendront lesdits objectifs.  

Ce qui m’apporte au week-end dernier.

Ma toute-petite de trois ans et beaucoup de personnalité a passé une journée difficile. Crises, difficultés à exprimer ses émotions avec des mots, beaucoup de pleurs, bref, vous voyez le portrait. On travail depuis longtemps à l’aider à mieux exprimer ce qu’elle ressent et la majorité du temps, on voit de beaux résultats. Mais samedi à été difficile.

Elle comprend mal la situation actuelle du haut de ses trois ans, ne voit pas les gens qu’elle aime et on passe la majorité du temps hors du CPE à la maison. Elle me parle de gymnastique, de la piscine, de Grand-maman. Dans ses yeux à elle, c’est maman qui dit non. J’essaie de trouver les bons mots pour l’aider à comprendre, mais quand elle fait une crise, il est difficile de la raisonner, elle n’écoute pas vraiment. C’est lorsqu’elle est calme qu’on est capable de mettre des mots sur ce qui vient de se passer et on se rappelle alors qu’une crise ne nous apporte pas ce que l’on veut, qu’il faut en parler avec des mots. Bref, comme je disais, samedi a été difficile.

Difficile au point où j’ai craqué.

J’ai fini mon après-midi en larmes, dans mon lit. Je ne savais plus quoi faire. Une crise, deux crises, j’essai de comprendre ce que je peux faire de plus, mais je suis au bout du rouleau moi aussi.

Pis c’est là que ma grande de cinq ans est venue me voir. Cette petite-là est incroyable. Une vielle âme, douce et posée.

-Maman, est-tu correct?

-Oui mon cœur, maman a juste un peu de peine, mais ça va aller.

– (me fais un câlin) Je t’aime maman.

-Je t’aime mon poussin. Est-ce que maman est une bonne maman?

 (Je m’en suis voulu de mettre le poids de cette question-là sur les épaules de mon enfant sur le coup, mais sa réponse m’a tellement fait du bien)

-Ben voyons maman! C’est sûr que t’es une bonne maman! Et papa est un bon papa! J’ai les meilleurs parents du monde entier!

– (Câlins encore) Ahh mon coeur, si tu savais comment tes mots me font du bien. Les cœurs de mamans aussi ont besoin de réconfort des fois.

– Inquiète toi pas maman, j’ai tout ce que j’ai besoin, je t’aime.

-Je t’aime tellement mon chaton. Plus que toutes les étoiles dans le ciel.

-Moi je t’aime plus que l’infini au complet, c’est beaucoup ça hein maman?

-Oui mon cœur, c’est immense. (Câlins interminables)

Ses mots ont enlevé tout le poids que j’avais sur les épaules à ce moment-là. C’est exactement ce que j’avais besoin d’entendre. 

Je me suis relevée, et j’ai été bercer ma trois ans dans le salon en lui disant à quel point je l’aime et en lui promettant qu’on allait bien finir la journée.

En rétrospective, plus tard le soir, je me suis dis que c’était peut-être juste ça, être une bonne maman; être parfaite dans les yeux de nos enfants.

Je me suis promis de vous partager cette histoire-là parce que je sais qu’on a toutes besoin de se rappeler de temps à autre que finalement, ça va bien, pis que même si on se met beaucoup (trop) de pression, parfois il faut juste se rappeler qu’aux yeux de nos enfants, nous sommes les meilleures mamans du monde.

Pis une fois qu’on se souvient de ça bien comme faut, tout le reste va bien aller.

Emilie Langlois